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Extérieur
La façade :
La façade, à la décoration luxuriante est la partie flamboyante la plus marquée. On peut y admirer trois portails œuvre de Florent Bluet celui même qui a construit les tours de la cathédrale de Reims. Ces portails sont surmontés de gâbles aigus. Celui du centre, le plus haut porte un crucifix.
En plein centre de la façade, au dessus des portails, apparaît la grande rosace, de part et d’autre de laquelle se trouvent deux fenêtres aveugles.
La façade est surmontée de deux tours se terminant par deux flèches à jour : celle de droite, côté sud, haute de 55m, présente en son milieu une couronne mariale à fleurs de lys de la royauté. Cette flèche est totalement d’origine ; celle de gauche, côté nord, mesure 48 m. Elle a été arasée en 1798 pour permettre l’installation d’un télégraphe de Chappe qui a fonctionné jusqu’en 1850.
En 1869, l’abbé Pierron, curé de l’Epine, se rendit à Mourmelon le Grand pour y rencontrer Napoléon III alors en séjour au quartier impérial du Camp de Châlons . Il obtint une généreuse subvention de l’empereur, ce qui permit de reconstruire la flèche pratiquement à l’identique.
Une courtine bordée d’arc en mitre relie les deux tours.
En se plaçant à peu de distance des portails on découvre une perspective ascendante sur l’étagement fantastique des pinacles, des clochetons et des gargouilles.
Toutes les statues disparues ont été arrachées le 6 décembre 1793 par la révolution.
Les portails :
• Les trois portails centraux ou portails ouest :
Ces trois portails ont chacun un ciel particulier. Sur celui du centre on retrouve les patriarches, les prophètes, les martyres et les saints. De chaque côté on peut voir les humains méritants tels que les ouvriers, les artistes, les membres de familles riches.
Le tympan du portail central est très endommagé. Sur les deux bandeaux supérieurs : Noël. En dessous, scènes de la passion. Dans les voussures reposent des anges et des prophètes.
Entre deux portails à la pierre de base une curieuse inscription rappelle l’assassinat d’Henri IV à Paris le 14 mai 1610.
• Le portail sud :
Le portail sud qui jouxte le cimetière est surmonté d’une grande baie. Il est consacré à St Jean Baptiste; son linteau porte diverses scènes sculptées relatant la vie de Saint-Jean Baptiste, Annonce à Zacharie, Naissance, Circoncision, Prédication, Baptême de Jésus, Banquet d’Hérode, Décollation de Jean et la tête sur le plat.
Des draperies sculptées analogues à celles du portail principal de la cathédrale de Reims ornent le portail du croisillon sud qui est encadré de tourelles polygonales.
Le chevet polygonal est ceint de chapelles rayonnantes. Une balustrade court sur le toit. Les culées, peu épaisses mais larges, s’intercalent entre les chapelles.
De chaque côté du portail sud sont fixés des anneaux qui était utilisés autrefois pour attacher les chevaux ; une inscription gothique s’adresse aux voyageurs : « bonnes gens qui ici passez, priez Dieu (pour les trépassés).
Les gargouilles :
L’un des principaux attraits de cette basilique sont ses gargouilles originales, une des célébrités de l’Epine. En contournant l’église par la droite, on peut les découvrir : le moine, la calomnie, l’aveugle et le paralytique, le buveur, les bêtes féroces qui dévorent des jeunes, la truie qui vielle, etc…Ces gargouilles étonnèrent Hugo et Huysmans : elles se développent nombreuses, tout autour de la basilique et symbolisent les vices et les esprits mauvais, chassés du sanctuaire par la présence divine.
« Les gargouilles sont particulièrement compliquées et curieuses. (…) Celles de l’abside m’ont paru représenter les sept péchés capitaux » (Victor Hugo).
Elles ont subi des restaurations au 19è s. au cours desquelles on éliminera celles jugées trop « obscènes ».
Intérieur
Le style :
Le style très pur est une copie du gothique du XIIIè siècle pour l’ensemble sauf les deux premiers piliers de la nef.
Le matériau fort est la pierre blanche et blonde de Savonnières en Perthois (Meuse) 65 km.
Le matériau faible est la craie de Champagne qu’on trouve sur place, employé dans les arcatures et les voûtes .
La nef :
La nef comporte six travées voûtées d’ogives. La première travée comporte de grandes baies aveugles. Les arcades des deux premières travées sont plus élevées que les autres.
On retrouve 3 niveaux d’élévation : des grandes arcades brisées, un triforium aveugle (galerie de circulation) et des fenêtres hautes à quatre lancettes.
L’inscription latine de l’autel : « Ruhum quem Viderat Moyses incomtristum » (le buisson que vit Moïse qui brûlait sans se consumer) nous rappelle que le thème spirituel de l’Epine est celui du buisson ardent.
Le chœur :
Le chœur comporte trois travées droites et un rond-point à cinq pans. Son élévation est similaire à celle de la nef et du transept.
Le chœur est clos par un élégant jubé gothique de la fin du 15è s. dont l’arcade droite abrite la statue vénérée de Notre-Dame (14è s) que les pèlerins viennent honorer.
La statue de la Vierge Marie, elle aussi en pierre de Savonnières, est polychrome. Elle mesure cinquante deux centimètres de haut et daterait de la fin du 13eme siècle ou du début du 14eme siècle.
La clôture sud du chœur est de style gothique flamboyant, la clôture nord est de style renaissance classique.
Au centre du jubé sous le pupitre du chantre un escargot important et une feuille.
Sur le jubé une poutre de gloire monumentale (16è s.). Cette poutre avait été descendue au 19è s. Restaurée par Maxime Chiquet d’Alliancelles elle a été remise en place en février 1980. Elle porte le Christ en croix entre la Vierge Marie (en bleu) et Saint-Jean (en rouge et marron).
Côté sud : le pavillon basilical (rouge et jaune).
Côté nord : la clochette donnée par le pape Pie X .
Transept nord :
• Le puits
Dans le transept nord se trouve un puits fonctionnel profond de 26 mètres datant de la construction de la basilique. Puiser l’eau plutôt que de se rendre à la rivière distante de plusieurs centaines de mètres permettait de gagner du temps mais surtout d’économiser des forces.
Ce dernier est surmonté d’un bel ouvrage de ferronnerie de 1875. Le puits a été laissé à l’usage des habitants du village, des pèlerins, des chevaux. Son eau aurait des vertus réputées. Selon la tradition, elle aiderait à soigner la stérilité des femmes.
• L’orgue
Au-dessus du puits, on peut admirer un buffet d’orgue Renaissance.
L’orgue de 1542 a été restauré en 1885 par Hubert. Cet orgue a assuré son service jusqu’en septembre 1914 date à laquelle il a été saccagé par les soldats allemands puis français qui avaient transformé l’église en infirmerie.
Il a été reconstruit à neuf en 1982 par Jacques Petit Falaize avec 16 jeux repartis sur 3 claviers, pédalier.
Sur la balustrade en avant : 7 dieux païens qui ont donné les noms des jours de la semaine. De gauche à droite : Apollon tient le soleil = dimanche, Diane tient la lune = lundi, etc…. En retrait, les 12 Apôtres pour les 12 mois de l’année.
A droite de l’orgue, fragments de vitraux XVI ème : les anges musiciens. Tous les autres sont des créations du XIX ème et XX ème.
• Le Tabernacle Reliquaire
Sur le mur du chœur, à gauche on observe dans le déambulatoire une curieuse construction de style flamboyant (1543) appelée Tabernacle Reliquaire structure gothique, mais de décor renaissance, complété par un minuscule oratoire (confession) où les fidèles pouvaient toucher les reliques, dont un fragment de la Vraie Croix. A l’intérieur un siège et un coffre. Sur le mur une fresque : Marie et des symboles bibliques, ancêtres des litanies de la Sainte Vierge.
• Les chapelles
Dans l’allée qui contourne l’abside ou déambulatoire se trouvent plusieurs chapelles :
Chapelle du tombeau, œuvre de 1550 venue du couvent des Cordeliers de Châlons en 1791.La basilique possède une remarquable « mise au tombeau » de la fin du XVème siècle, de l’école champenoise. Véritable chef d’œuvre, elle est une des plus émouvantes de l’Est de la France.
Tout à côté se trouve un autel en bois Louis XV. Au Revers, peinture sur bois d’une vierge au buisson.
Chapelle de l’Ave Maria, Vierge en majesté XV ème et autel de Marie Madeleine 1542.
Chapelle Saint Nicolas – autel 1542, statue du Saint XVIII ème.
Chapelle de Sainte Jeanne d’Arc – autel Saint Claude 1542 – statue de Saint Pierre XV ème.
Chapelle Saint Jacques – autel 1542 – statue du saint en bois XVI ème – Saint Eloi XVIII ème Saint Etienne XVII ème Devant la fenêtre Sainte Agathe et Sainte Catherine XVIII ème
• Les vitraux
Les fenêtres hautes de la nef ne possèdent pas de vitraux imagés.
C’est au 16eme siècle que des vitraux sont posés dans le chœur, la moitié du transept et le rez de chaussée de l’église. Ces vitraux jaunes et blancs sont imagés. Ils seront détruits en majorité pendant les guerres de religions et remplacés au 19eme siècle et 20eme siècle par les différents curés de la basilique.
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