La façade est couronnée de deux flèches à jour : celle de droite, haute de 55m, présente en son milieu une couronne mariale à fleurs de lis ; celle de gauche, arasée en 1798 pour permettre l’installation d’un télégraphe de Chappe a été reconstruite en 1868.
En 1798, le Directoire, désirant recevoir le plus rapidement possible des nouvelles de ses armées, demanda à Claude Chappe d’installer une ligne de son nouveau télégraphe sur la ligne de Paris à Strasbourg. Les frères Chappe, pour établir le télégraphe aérien, avaient obtenu le droit de placer les mécanismes où ils le voulaient.
Le principe du télégraphe optique est simple. Il repose sur un mécanisme visible de loin, amélioré par l'usage d'une lunette et l'utilisation d'un code de transmission.
Une ligne télégraphique équipée du système Chappe se compose de deux stations terminales et d'un certain nombre de stations relais intermédiaires, construites sur des points hauts du terrain, à vue directe l'une de l'autre (en moyenne une dizaine de kilomètres) : montagne, colline, ou monument existant tel que clocher d' église. Quand ce n'est pas possible, on le place sur le toit d' une construction en bois ou sur une tour, carrée ou ronde.
Pour faire la jonction entre Châlons-en-Champagne et Tilloy, Chappe et ses frères trouvèrent utile de prendre le plateau de l’Epine pour un de ses relais. Dans un premier temps ils envisagèrent d'installer une machine sur une colline dans les environs de L'Epine. Etant donné que la visibilité n'était pas optimum, ils décidèrent de raser la flèche nord de l’église Notre-Dame pour y placer leur instrument. Cette décision fut une catastrophe pour la basilique.
Le télégraphe fut créé suite aux guerres révolutionnaires européennes, on avait besoin d’un moyen de communications rapides. Ceci précipita la construction de lignes. Le retour à la paix ralentit puis stoppa le développement de ces lignes. L’invention de nouvelles techniques l'acheva vers 1850.
La ligne Paris – Strasbourg quant à elle, servit durant plus de cinquante ans.
Lorsqu’en 1852 les lignes furent abandonnées, personne n’avait prévu de fonds pour la remise en état ou la restauration des monuments utilisés.
La commune n’ayant pas les finances nécessaires pour assumer une quelconque reconstruction dut attendre 1868 et une subvention personnelle de Napoléon III pour entreprendre les travaux de restauration.
Cependant, compte tenu des moyens financiers, la flèche fut reconstruite moins haute qu'à l'origine, 48m au lieu de 55m.
La nouvelle flèche est une simple copie de la flèche sud de l'église, posée sur la base octogonale que les frères Chappe avaient heureusement conservée pour placer le télégraphe.